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Il est prévu, dans un deuxième temps, de mettre également en ligne une version française du Sūtra du Lotus à partir de la traduction chinoise qui a été faite par Kumarajiva en 406 de notre ère. Ce Sūtra a été d’une importance majeure pour Nichiren dans l’effort qu’il a fait pour ramener le peuple à ce qu’il pensait être l’enseignement authentique du fondateur du bouddhisme, Shakyamuni, aussi appelé Gotama, le Boudhha.

On pense que Shakyamuni vécut en Inde autour du VIe ou Ve siècle avant notre ère. Ses paroles et ses actes, débordants de compassion et pleins de sagesse, furent mémorisés et transmis oralement sous forme de récits, lesquels devinrent plus tard la base du développement de diverses positions doctrinales.

Vers la fin du premier siècle avant et du premier siècle après notre ère, naquit un mouvement qui souhaitait revenir à l’essentiel du message du bouddhisme et le faire revivre : le Mahāyāna (Grand Véhicule). La naissance de ce mouvement s’accompagna d’un effort nouveau : il s’agissait de mettre par écrit et d’éditer les récits des débuts du bouddhisme. C’est alors que furent écrits bon nombre de sūtras et d’autres textes. C’est à cette période également que le Sūtra du Lotus fut compilé et mis par écrit.

Le Sūtra du Lotus montre que la sagesse de bouddha est inhérente à la vie des êtres vivants, et donc de tout être humain, et il explique comment chacun peut s’éveiller à cette sagesse et en vivre pleinement. Le Sūtra transmet le souhait fondamental de Shakyamuni que tous les êtres soient capables de construire un bonheur durable pour eux-mêmes et pour les autres. Il nous conduit au cœur même de l’enseignement du Bouddha et propose aux gens un moyen de surmonter la souffrance.

En Inde, les philosophes Nāgārjuna et Vasubandhu firent beaucoup pour le développement de la pensée du Mahāyāna et laissèrent derrière eux des œuvres qui firent progresser les idées du Sūtra du Lotus. En Asie de l’Est, dans la Chine du VIe siècle, le Grand Maître Tiantai, puis au VIIIe siècle, le Grand Maître Miaole, mirent en lumière la supériorité du Sūtra du Lotus sur tous les autres. Et au IXe siècle, au Japon, le Grand Maître Dengyō fit connaître les enseignements de ses prédécesseurs chinois et œuvra à les répandre dans la société japonaise.

Dans ces contextes très variés, selon l’époque et la culture, les gens arrivèrent peu à peu à accepter le Sūtra du Lotus et à mettre leur foi en lui. La réflexion sur les enseignements du Sūtra ne cessa de s’affiner et leur caractère universel put se déployer, s’enrichir et acquérir de nouvelles dimensions.

Au XIIIe siècle la société japonaise fut plongée dans la tourmente et la confusion. Nichiren comprenait profondément la souffrance du peuple et lui cherchait une solution. Il comprit que l’enseignement du Sūtra du Lotus pouvait aider à la réalisation du potentiel illimité qui est en chacun et aider à son développement pour que la société puisse en profiter. Il était déterminé à promouvoir la dignité et le bonheur authentique de chacun pour que la société vive en paix. Se fondant entièrement sur le Sūtra du Lotus, il se consacra totalement à la tâche d’encourager tout un chacun à transformer sa vie. En même temps, il introduisit la pratique de la répétition du Nam-myōhō-renge-kyō et créa le Gohonzon ou objet de dévotion, qui est un mandala en caractères chinois, Nam-myōhō-renge-kyō étant placé au centre et écrit de haut en bas. C’est ainsi que Nichiren identifia et établit les enseignements vitaux du Sūtra du Lotus sous une forme concrète capable d’aider chacun à arriver à l’illumination.

Le Sūtra du Lotus et les écrits de Nichiren reflètent nécessairement les valeurs et les cultures de périodes différentes de leur mise en écriture. Et pourtant, le message universel d’espoir qu’on trouve dans ce Sūtra et les idées que Nichiren en a tirées transcendent les limites temporelles et culturelles et rayonnent partout dans les écrits de Nichiren, surtout dans ceux qui expriment sa profonde compassion et son désir du bonheur du peuple.

La Soka Gakkai a donné un nouveau souffle à cet enseignement de Nichiren et l’a présenté dans le monde entier comme une philosophie de portée universelle. Par son empathie avec la souffrance des hommes et des femmes de cette terre, elle met en évidence son message crucial qui est la conviction que « tous les gens possèdent la nature suprêmement noble de bouddha » et elle continue à les encourager.

Dans cette nouvelle vision de la religion, le véritable but religieux est tout simplement le bonheur des gens et la paix dans le monde. Cette vision est également fondée sur la conviction que la religion devrait exister pour le bien des personnes et non pas l’inverse.

Ces dernières années, les études bouddhiques, et tout particulièrement la recherche sur le Sūtra du Lotus et sur Nichiren et ses écrits, ont considérablement progressé. Prenant ceci en compte, ainsi que les changements sociétaux qui affectent certains choix éditoriaux, nous avons décidé de mettre notre site à jour régulièrement en y intégrant les résultats de cette recherche.

Notre désir est que ce site aide à enrichir la foi et la compréhension de ceux qui pratiquent le bouddhisme de Nichiren et permette à beaucoup d’autres de découvrir la valeur et la sagesse universelles de ses enseignements.

 

Le 3 mai 2016
Comité de la Bibliothèque du Bouddhisme de Nichiren