Vacuité Concept bouddhique fondamental, traduit également par les termes non-substantialité, latence ou relativité, qui enseigne que les choses et phénomènes n’ont pas d’existence fixe ou indépendante. Cette idée est étroitement liée à celle de l’origine interdépendante, ou coproduction conditionnée (skt. pratitya-samutpada), selon laquelle les phénomènes ne naissent et ne se perpétuent qu’en vertu de leur relation avec les autres phénomènes et n’ont donc pas de substance définie. Autrement dit, le concept de vacuité enseigne que rien n’existe de manière indépendante. Cependant, les implications de ce concept varient selon les écoles bouddhiques et leurs doctrines.
Vaidehi Épouse de Bimbisara, roi du Magadha au temps de Shakyamuni, et mère d’Ajatashatru. On dit qu’elle était la sœur du roi Prasenajit du Kosala.
Vairochana Bouddha présenté dans le Sūtra de la Guirlande de fleurs et le Sūtra du filet de Brahma. Sa Terre pure, le monde du Trésor du lotus, est décrite dans le Sūtra de la Guirlande de fleurs. L’école Shingon assimile Vairochana à Mahavairochana, bouddha qui tient lieu de référence essentielle dans cette école.
Vaishali Une des six grandes villes de l’Inde ancienne, où le bouddha Shakyamuni vint souvent enseigner. C’est là que se tint le deuxième concile bouddhique, environ un siècle après la disparition du Bouddha.
Vaishravana Un des quatre rois du ciel. On prétend qu’il vivait à mi-pente, sur la face nord du mont Sumeru, et qu’il protégeait le Nord, en compagnie de deux sortes de démons, appelés les yaksha et les rakshasa. Également appelé Celui-qui-Entendit-de-Nombreux-Enseignements, ce roi céleste est censé toujours protéger le lieu où le Bouddha enseigne, ce qui lui permet d’écouter les enseignements.
Vajrasattva Deuxième des huit premiers patriarches de l’école Shingon. On dit qu’il a reçu l’enseignement ésotérique directement du bouddha Mahavairochana. Selon la tradition ésotérique, Vajrasattva compila les enseignements ésotériques de Mahavairochana sous la forme d’un texte écrit qu’il enferma dans une tour métallique, au sud de l’Inde. Cette tour fut ouverte plusieurs siècles plus tard par Nagarjuna ; Vajrasattva lui transmit alors les enseignements ésotériques.
Varshakara Ministre qui servit le roi Ajatashatru. Il conspira avec Devadatta pour persuader le prince Ajatashatru de tuer son père, le roi Bimbisara, disciple laïc de Shakyamuni. Varshakara incita aussi Ajatashatru à harceler Shakyamuni. Mais, plus tard, il se repentit et se convertit au bouddhisme avec Ajatashatru, qu’il aida à administrer son royaume.
Vasubandhu (d.i.) Érudit bouddhiste de l’Inde qui aurait vécu autour du IVe ou Ve siècle. On le connaît en tant qu’auteur du Trésor de l’analyse de l’Abhidharma. Il étudia d’abord le Hinayana mais fut converti par la suite au Mahayana par son frère aîné Asanga. Il écrivit de nombreux traités destinés à clarifier les enseignements du Mahayana.
Véhicule Unique Ou seul véhicule, véhicule du Bouddha, unique véhicule du Bouddha, unique véhicule de la bouddhéité, véhicule unique et suprême, véhicule suprême de la bouddhéité. Enseignement qui permet à tous les êtres vivants d’atteindre la bouddhéité. Le Sūtra du Lotus enseigne que les trois véhicules, ou enseignements pour les auditeurs, les bouddhas-pour-soi et les bodhisattvas, ne sont pas des fins en soi, contrairement à ce qui était enseigné précédemment, mais des moyens de mener les êtres vivants vers le Véhicule Unique, qui, lui, englobe et élève les enseignements des trois véhicules.
Véritable bouddha Bouddha qui a révélé sa véritable identité.
Véritable Mahayana Le Sūtra du Lotus. Les enseignements du Mahayana sont divisés en enseignements provisoires et véritable. Le Mahayana véritable révèle l’illumination du bouddha Shakyamuni dans le très lointain passé et la possibilité pour tous les êtres vivants d’atteindre l’illumination.
Victoire-de-la-Vertu Enfant qui, avec le garçon nommé Invincible, aurait offert un pâté de sable au bouddha Shakyamuni quand ce dernier quémandait des aumônes à Rajagriha. N’ayant rien d’autre à donner, ces deux garçons offrirent en toute sincérité ce pâté de sable. On dit que cette offrande leur valut de renaître respectivement sous la forme du roi Ashoka et de son épouse.
Vimalakirti Riche homme de Vaishali présenté dans le Sūtra de l’enseignement de Vimalakirti. Il représente l’idéal du croyant laïc du Mahayana. Le Sūtra de l’enseignement de Vimalakirti le dépeint réfutant avec éloquence les conceptions défendues par les disciples de Shakyamuni en leur expliquant le sens profond de la doctrine de la vacuité, caractéristique du Mahayana.
Vimalamitra (d.i.) Moine du Hinayana originaire du Cachemire, en Inde. Il fit le vœu de briser la réputation de Vasubandhu et de ruiner la crédibilité du bouddhisme du Mahayana, mais il n’y serait pas parvenu. Bien au contraire, sa langue fut déchirée en cinq morceaux et, tourmenté par le remords, il tomba dans l’Enfer aux souffrances incessantes.
Vingt principes remarquables Principes élaborés par Miaole dans ses Annotations sur le Commentaire textuel du Sūtra du Lotus, éclairant la supériorité du Sūtra du Lotus sur tous les autres sūtras. Parmi ces principes figurent la révélation de l’atteinte de la bouddhéité par le Bouddha il y a des kalpa et des kalpa de particules de poussière d’innombrables systèmes de mondes majeurs, la prédiction que les personnes des deux véhicules pourraient atteindre la bouddhéité et la révélation que celui qui entend ne serait-ce qu’une phrase du Sūtra du Lotus atteindra immanquablement la bouddhéité.
Vingt-cinq exercices préparatoires Pratiques préparatoires pour entrer dans la méditation sur la vérité de la vie. Ces pratiques préliminaires furent présentées dans La Grande Concentration et Pénétration de Tiantai, notamment la régulation de la vie quotidienne en observant les préceptes et en se procurant la nourriture et les vêtements appropriés.
Vingt-huit constellations Maisons dans le ciel où résidaient les corps célestes, selon les conceptions de l’Inde et de la Chine anciennes. Elles s’appelaient notamment Chitra (ch. Jiao) et Anuradha (ch. Fang). Les vingt-huit constellations, ou vingt-huit divisions du ciel, dérivent des demeures lunaires où la lune était censée rester pendant un certain nombre de nuits.
Vingt-quatre successeurs Ceux qui, selon la tradition, héritèrent successivement de la lignée du bouddhisme de Shakyamuni et le propagèrent à l’époque de la Loi correcte. Il en existe différentes listes, dont voici un exemple : Mahakashyapa, Ananda, Madhyantika, Shanavasa (ou Shanakavasa), Upagupta, Dhritaka, Mikkaka, Buddhananda, Buddhamitra, Parshva, Punyayashas, Ashvagosha, Kapimala, Nagarjuna, Aryadeva, Rahulata, Samghanandi, Samghayashas, Kumarata, Jayata, Vasubandhu, Manorhita, Haklenayashas et Aryasimha.
Virudhaka Roi de l’État du Kosala, en Inde, durant la vie de Shakyamuni. Son père était Prasenajit. Sa mère était à l’origine une servante de la tribu des Shakya, ce qu’il ressentit apparemment comme une grande humiliation. C’est pourquoi il garda du ressentiment à l’égard de la tribu des Shakya et tua plus de la moitié de ses membres.
Vishvakarman Divinité résidant dans le ciel des trente-trois divinités, au sommet du mont Sumeru, qui se met au service de Shakra. Selon le Traité de la grande perfection de sagesse, quand Shakyamuni pratiquait les austérités bouddhiques dans une existence passée en tant que roi Shibi, le dieu Shakra prit la forme d’un épervier et Vishvakarman celle d’une colombe, afin de tester la sincérité du roi.
Vision-qui-Réjouit Ou Vision-qui-Réjouit-tous-les-Êtres-Vivants. Bodhisattva présenté dans le chapitre “Les actes antérieurs du bodhisattva Roi-de-la-Médecine” du Sūtra du Lotus comme une manifestation antérieure du bodhisattva Roi-de-la-Médecine. Il apprit le Sūtra du Lotus d’un bouddha appelé Pure-et-Brillante-Vertu-de-Soleil-et-de-Lune et, par reconnaissance, s’enduisit lui-même d’huile et fit brûler son corps en offrande pendant douze siècles. Après la disparition du bouddha Pure-et-Brillante-Vertu-de-Soleil-et-de-Lune, il fit une nouvelle offrande en se brûlant les bras pendant soixante-douze mille ans.
Voie-difficile-à-pratiquer Avec la « voie-facile-à-pratiquer », c’est l’une des deux voies de la pratique bouddhique mentionnée par Nagarjuna dans son Commentaire sur le Sūtra des dix étapes. La voie-difficile-à-pratiquer consiste à déployer des efforts dans des pratiques austères pendant d’innombrables kalpa afin de parvenir à l’illumination. Le chapitre “Pratique facile” de ce commentaire insiste sur l’obtention du salut grâce au pouvoir des bouddhas, en déclarant que l’on peut renaître dans une terre pure en invoquant leurs noms. L’école de la Terre pure considère que la voie-difficile-à-pratiquer correspond à la pratique de tous les sūtras autres que les trois sūtras sur lesquels elle se fonde.
Voie-facile-à-pratiquer Une des deux voies de la pratique bouddhique mentionnée par Nagarjuna dans son Commentaire sur le Sūtra des dix étapes. La voie-facile-à-pratiquer consiste à invoquer les noms des bouddhas et des bodhisattvas en s’appuyant sur leur pouvoir de sauver les êtres. Dans l’école de la Terre pure, on considère que la voie-facile-à-pratiquer consiste à invoquer le nom du bouddha Amida. Voir Nembutsu.
Voie du Milieu Voie qui transcende les pôles extrêmes. Le terme « Voie du Milieu » désigne donc aussi la véritable nature de toutes choses que l’on ne peut définir par les deux absolus, existence et non-existence.
Voies mauvaises Ou voies mauvaises de l’existence. Monde de la souffrance dans lequel tombe celui qui a commis de mauvaises actions. Cela désigne aussi la souffrance endurée par cette personne. « Voie » désigne ici un monde ou un état de vie ou, plus spécifiquement, l’un des dix mondes (ou dix états). On appelle les mondes de l’enfer, des esprits affamés et des animaux les trois mauvaises voies. En ajoutant à ces trois-là le monde des asura, on obtient les quatre mauvaises voies.
Voix pure et portant loin Ou son de Brahma. Voix d’un bouddha, constituant l’un de ses trente-deux signes principaux. La voix d’un bouddha est pure et d’une portée qui lui permet d’atteindre les mondes des dix directions dans leur totalité. Elle ravit ceux qui l’entendent. Elle touche profondément le cœur des gens et inspire le respect.
Voyage en Occident (T2087_.51.0867) Récit de Xuanzang rapportant ses voyages en Asie centrale et en Inde, entre 629 et 645, à la recherche des écrits bouddhiques. Ce livre décrit la culture, les légendes, l’histoire, le bouddhisme et la politique dans cent trente-huit États.