Soka Gakkai Bibliothèque du bouddhisme de Nichiren

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Le tambour à la Porte du Tonnerre
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ÉCRITS: 127 Le tambour à la Porte du Tonnerre

( pp.958 - 961 )

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 1. Il s’agit d’une unité de volume équivalant à environ dix-huit litres, soit la moitié d’un boisseau.

 2. On rapporte que cet épisode eut lieu lorsque le bouddha Shakyamuni, accompagné par son disciple Ananda, était en train de mendier dans une ville brahmane. Une femme âgée offrit un gruau de riz au Bouddha. Le gruau était gâté et malodorant mais, comme ses intentions étaient pures, elle renaquit en tant que pratyekabuddha (ou bouddha-pour-soi), du fait de sa sincérité.

 3. Ces bouddhas des dix directions sont énumérés dans le Commentaire sur le Sūtra des dix étapes. Cependant, comme l’expression « les bouddhas des dix directions » est utilisée ici pour désigner les bouddhas de tout l’univers, il faudrait considérer que sont représentés ici tous les bouddhas dans leurs directions respectives.

 4. Parmi les trois kalpa, le kalpa de la majesté est le nom du kalpa majeur du passé. On appelle le kalpa majeur actuel le kalpa de la sagesse et le prochain kalpa majeur le kalpa de la constellation. Chaque kalpa majeur comprend quatre kalpa plus petits : le kalpa de formation, le kalpa de stabilité, le kalpa de déclin et le kalpa de destruction. Dans le Récit des trois mille bouddhas des trois kalpa, il est question de la venue successive de mille bouddhas, depuis le premier, le bouddha Éclat-Fleuri, jusqu’au dernier, le bouddha Vishvabhu, au cours du kalpa de la majesté.

 5. Il est dit dans le Récit des trois mille bouddhas des trois kalpa que, au cours du kalpa de la sagesse, mille bouddhas apparaîtront successivement, depuis le premier, le bouddha Krakucchanda, jusqu’au dernier, le bouddha Ruchika.

 6. Dans le Récit des trois mille bouddhas des trois kalpa, il est dit que, au cours du kalpa de la constellation, apparaîtront mille bouddhas, depuis le bouddha Lumière-du-Soleil jusqu’au bouddha Apparence-du-Mont-Sumeru.

 7. Le mot sanskrit « Vaipulya » signifie littéralement « un sūtra d’une grande étendue ». En français, la traduction chinoise de ce sūtra devient Sūtra correct et égal ou Sūtra du Grand Véhicule. Cette expression est généralement utilisée pour dépeindre les sūtras du Mahayana mais, dans la citation du Sūtra du bodhisattva Sagesse-Universelle que l’on trouve ici, elle désigne le Sūtra du Lotus. Dans ce paragraphe, Nichiren donne aux termes Mahayana (Grand Véhicule) et Hinayana (Petit Véhicule) un sens souple. Ils servent ici à désigner des niveaux de comparaison successifs.

 8. Il s’agit d’une boisson légendaire de l’Inde ancienne, comparable à l’ambroisie. Voir glossaire.

 9. Il s’agit d’une unité de mesure linéaire ancienne. Ici mille ri signifie simplement une très longue distance. Voir glossaire.

 10. Porte située à Huiji, à Shaoxing, dans la province de Zheijiang en Chine. Lorsque l’on battait le tambour à cet endroit, on dit que le son parvenait jusqu’à la lointaine capitale, Luoyang.

958127

Le tambour à la Porte du Tonnerre


Texte

Points de repère


Cette lettre a été écrite au mont Minobu à l’attention de la nonne séculière Sennichi, l’épouse d’Abutsu-bō, qui habitait sur l’île de Sado. Après le départ de Nichiren de Kamakura pour le mont Minobu, le mari de la nonne séculière fit le long voyage depuis Sado à trois reprises au moins pour lui rendre visite de sa part.

Dans cette lettre, Nichiren loue la bonté dont fait preuve Sennichi en lui envoyant des offrandes de si loin et explique les bienfaits résultant de sa générosité. Puis il déclare que le Sūtra du Lotus est l’enseignement suprême parce qu’il révèle que tous les bouddhas tirent leur illumination de ce Sūtra. Il explique que, le Sūtra du Lotus étant la source de tous les bouddhas, l’acte de faire des offrandes au Sūtra du Lotus apporte le même bienfait que si l’on faisait des offrandes à tous les bouddhas de tout l’univers. Il dit aussi que le Sūtra du Lotus, en définitive la Loi de Nam-myōhō-renge-kyō, peut changer le poison en remède et transformer les fautes passées en sources de bienfait et de bonne fortune. Nichiren poursuit en évoquant le moment de la mort et encourage Sennichi, femme d’un âge avancé, à renforcer encore davantage sa foi dans le Sūtra du Lotus.

Dans la dernière partie, Nichiren exprime son admiration pour la foi de Sennichi et pour son esprit de recherche qui permirent à son mari d’effectuer le long voyage de Sado au mont Minobu. Bien que la nonne séculière n’ait pas pu rendre personnellement visite à Nichiren, il lui dit : « Votre cœur est parvenu jusqu’à cette province. » Ajoutant « c’est le cœur qui est important », il explique que ceux qui croient dans le Sūtra du Lotus, ou Nam-myōhō-renge-kyō, peuvent goûter le bonheur suprême dans le monde profane où ils résident. Ils n’ont pas besoin de se rendre ailleurs pour le trouver.

Haut de la page


J’ai bien reçu les mille pièces de monnaie, le to1 de riz séché, et les autres articles que vous m’avez fait parvenir. Le garçon Victoire-de-la-Vertu, pour avoir offert un pâté de sable au Bouddha, renaquit sous la forme du grand roi Ashoka, et une vieille femme qui offrit un gruau de riz au Bouddha renaquit en tant que pratyekabuddha2.

Le Sūtra du Lotus est le maître de tous les bouddhas des dix directions et des trois phases de l’existence [le passé, le présent et l’avenir]. Les bouddhas des dix directions sont le bouddha Bonne-Vertu à l’est, le bouddha Vertu-Dissipant-la-Tristesse au sud-est, le bouddha Vertu-du-Santal au sud, le bouddha Donneur-de-Trésors au sud-ouest, le bouddha Clarté-Infinie à l’ouest, le bouddha Vertu-des-Fleurs au nord-ouest, le bouddha Vertu-Étendard au nord, le bouddha Pratique-des-Trois-Véhicules au nord-est, le bouddha Vaste-Myriade-de-Vertus au zénith et le bouddha Brillante-Vertu au nadir3.

959Les bouddhas des trois phases de l’existence sont les mille bouddhas du kalpa de la majesté4, dans le passé, les mille bouddhas du kalpa de la sagesse5, dans le présent, et les mille bouddhas du kalpa de la constellation6, dans l’avenir, ainsi que tous les autres bouddhas dépeints dans les sūtras du Mahayana et du Hinayana, dans les enseignements provisoires et l’enseignement véritable, exotériques et ésotériques, notamment le Sūtra de la Guirlande de fleurs, le Sūtra du Lotus et le Sūtra du Nirvana. Ces bouddhas, ainsi que les bodhisattvas des mondes des dix directions, qui sont aussi nombreux que les particules de poussière, proviennent tous du seul caractère myō, ou merveilleux, du Sūtra du Lotus [Myōhō-renge-kyō].

C’est pourquoi il est dit dans le Sūtra du bodhisattva Sagesse-Universelle, épilogue au Sūtra du Lotus : « Les trois sortes de Corps du bouddha proviennent des sūtras Vaipulya. » Le terme « Vaipulya » est un mot indien7, traduit en chinois par dacheng [Grand Véhicule]. Le “Grand Véhicule” [ou Mahayana], est une autre façon de désigner le Sūtra du Lotus. Quand on les compare avec les écrits non bouddhiques, les sūtras Agama sont considérés comme des sūtras du “Grand Véhicule” [ou Mahayana]. De même, quand on les compare avec les sūtras Agama, le Sūtra de la Guirlande de fleurs, les sūtras de la Sagesse, le Sūtra de Mahavairochana et d’autres se définissent comme des sūtras du “Grand Véhicule” [ou Mahayana] ; mais ils tombent à leur tour dans la catégorie des sūtras du “Petit Véhicule” [ou Hinayana] quand on les compare avec le Sūtra du Lotus. Comme aucun sūtra ne dépasse le Sūtra du Lotus, c’est le seul et unique sūtra du “Grand Véhicule” [ou Mahayana].

À titre d’illustration, chaque souverain des quatre-vingt-quatre mille pays du continent sud du Jambudvipa est qualifié de grand roi au sein de son pays. Mais, quand on le compare avec un roi-qui-fait-tourner-la-roue, on le qualifie de roi mineur. De la même manière, chaque roi des six cieux du monde du désir et des cieux des quatre méditations peut être qualifié de grand roi ou de roi mineur [selon celui avec qui on le compare] ; mais le grand roi céleste Brahma, qui réside au sommet du monde de la forme, est le seul grand souverain qui ne peut jamais être qualifié de roi mineur.

Un bouddha est un enfant et le Sūtra du Lotus ses parents. Si les parents de mille enfants reçoivent des éloges, les mille enfants s’en réjouiront. Si l’on fait des offrandes aux parents, on fait également des offrandes à leurs mille enfants. Ceux qui font des offrandes au Sūtra du Lotus recevront le même bienfait que s’ils faisaient des offrandes à tous les bouddhas et bodhisattvas des dix directions, parce que tous les bouddhas des dix directions proviennent du seul caractère myō. Imaginez qu’un lion ait cent lionceaux. Quand le roi-lion voit ses lionceaux attaqués par d’autres bêtes sauvages ou par des rapaces, il rugit. Les cent lionceaux s’enhardissent alors et la tête de ces autres bêtes sauvages et rapaces se brise en sept morceaux. Le Sūtra du Lotus est comme le roi-lion qui règne sur tous les autres animaux.

Une femme qui adopte le Sūtra du Lotus, lequel est comme le roi-lion, n’a plus à redouter aucune des bêtes sauvages de l’enfer ou des mondes des esprits affamés et des animaux. Toutes les fautes commises par une femme dans sa vie sont comme de l’herbe sèche et le seul caractère myō du Sūtra du Lotus est comme une petite étincelle. Si on dépose une petite étincelle sur une grande étendue d’herbe, non seulement l’herbe mais aussi les grands arbres et les grosses pierres seront tous consumés. Tel est le pouvoir du feu de la sagesse contenu dans le seul caractère myō. Non seulement toutes ses fautes disparaîtront mais elles deviendront sources de bienfait. C’est ce que signifie changer le poison en amrita8. Ainsi, la laque noire deviendra blanche si l’on y ajoute de la poudre blanche. Les fautes d’une femme sont comme la laque 960et les mots Nam-myōhō-renge-kyō comme la poudre blanche.

Quand une personne meurt, si elle est destinée à tomber en enfer, sa physionomie s’assombrira et son corps deviendra aussi lourd qu’une pierre qui nécessite la force de mille hommes pour être déplacée. Mais, dans le cas d’une personne de bien, même s’il s’agit d’une femme d’une taille de sept à huit pieds et de teint foncé, elle prendra une expression pure et claire à l’heure de la mort, et son corps sera aussi léger qu’une plume d’oie et aussi doux et malléable que du coton.

Depuis la province de Sado, il faut parcourir mille ri9 à travers mer et montagnes pour parvenir jusqu’à cette province. En tant que femme, vous avez maintenu une foi ferme dans le Sūtra du Lotus ; et, depuis des années, vous m’avez à maintes reprises envoyé votre mari pour me rendre visite de votre part. Le Sūtra du Lotus, Shakyamuni, Maints-Trésors et les bouddhas des dix directions connaissent sans aucun doute votre ferveur. Ainsi, bien que la lune se trouve à une hauteur de quarante mille yojana dans les cieux, son reflet apparaît instantanément dans un étang situé sur la terre ; de même, on entend aussitôt le son du tambour de la Porte du Tonnerre10 à une distance de mille ou dix mille ri. Même si vous êtes restée à Sado, votre cœur est parvenu jusqu’à cette province.

On atteint la bouddhéité exactement de la même manière. Même si nous vivons dans une terre impure, nos cœurs résident dans la Terre pure du pic de l’Aigle. Le seul fait de nous voir en personne ne serait pas en soi significatif. C’est le cœur qui est important. Rencontrons-nous un jour au pic de l’Aigle, là où réside le bouddha Shakyamuni. Nam-myōhō-renge-kyō, Nam-myōhō-renge-kyō.


Avec mon profond respect,
Nichiren


Le dix-neuvième jour du dixième mois intercalaire de la première année de Kōan [1278]


Réponse à la nonne séculière Sennichi

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Notes


 1. Il s’agit d’une unité de volume équivalant à environ dix-huit litres, soit la moitié d’un boisseau.

 2. On rapporte que cet épisode eut lieu lorsque le bouddha Shakyamuni, accompagné par son disciple Ananda, était en train de mendier dans une ville brahmane. Une femme âgée offrit un gruau de riz au Bouddha. Le gruau était gâté et malodorant mais, comme ses intentions étaient pures, elle renaquit en tant que pratyekabuddha (ou bouddha-pour-soi), du fait de sa sincérité.

 3. Ces bouddhas des dix directions sont énumérés dans le Commentaire sur le Sūtra des dix étapes. Cependant, comme l’expression « les bouddhas des dix directions » est utilisée ici pour désigner les bouddhas de tout l’univers, il faudrait considérer que sont représentés ici tous les bouddhas dans leurs directions respectives.

 4. Parmi les trois kalpa, le kalpa de la majesté est le nom du kalpa majeur du passé. On appelle le kalpa majeur actuel le kalpa de la sagesse et le prochain kalpa majeur le kalpa de la constellation. Chaque kalpa majeur comprend quatre kalpa plus petits : le kalpa de formation, le kalpa de stabilité, le kalpa de déclin et le kalpa de destruction. Dans le Récit des trois mille bouddhas des trois kalpa, il est question de la venue successive de mille bouddhas, depuis le premier, le bouddha Éclat-Fleuri, jusqu’au dernier, le bouddha Vishvabhu, au cours du kalpa de la majesté.

 5. Il est dit dans le Récit des trois mille bouddhas des trois kalpa que, au cours du kalpa de la sagesse, mille bouddhas apparaîtront successivement, depuis le premier, le bouddha Krakucchanda, jusqu’au dernier, le bouddha Ruchika.

 6. Dans le Récit des trois mille bouddhas des trois kalpa, il est dit que, au cours du kalpa de la constellation, apparaîtront mille bouddhas, depuis le bouddha Lumière-du-Soleil jusqu’au bouddha Apparence-du-Mont-Sumeru.

 7. Le mot sanskrit « Vaipulya » signifie littéralement « un sūtra d’une grande étendue ». En français, la traduction chinoise de ce sūtra devient Sūtra correct et égal ou Sūtra du Grand Véhicule. Cette expression est généralement utilisée pour dépeindre les sūtras du Mahayana 961mais, dans la citation du Sūtra du bodhisattva Sagesse-Universelle que l’on trouve ici, elle désigne le Sūtra du Lotus. Dans ce paragraphe, Nichiren donne aux termes Mahayana (Grand Véhicule) et Hinayana (Petit Véhicule) un sens souple. Ils servent ici à désigner des niveaux de comparaison successifs.

 8. Il s’agit d’une boisson légendaire de l’Inde ancienne, comparable à l’ambroisie. Voir glossaire.

 9. Il s’agit d’une unité de mesure linéaire ancienne. Ici mille ri signifie simplement une très longue distance. Voir glossaire.

 10. Porte située à Huiji, à Shaoxing, dans la province de Zheijiang en Chine. Lorsque l’on battait le tambour à cet endroit, on dit que le son parvenait jusqu’à la lointaine capitale, Luoyang.

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