J’ai été profondément peiné par les nouvelles que j’ai apprises concernant l’épouse du moine séculier de Kō1. Veuillez lui faire part de mes pensées affectueuses.
J’ai bien reçu les articles que vous m’avez fait parvenir, les mille cinq cents pièces de monnaie, les deux sortes d’algues comestibles, nori et wakame, ainsi que le riz séché, et je les ai respectueusement présentés devant l’autel du Sūtra du Lotus.
1052Il est dit dans le Sūtra du Lotus : « Quant à ceux qui entendent la Loi, aucun ne manquera d’atteindre la bouddhéité2. » Bien que ce passage ne comporte que dix caractères [chinois], lire ne serait-ce qu’une phrase du Sūtra du Lotus revient à lire sans omission tous les enseignements dispensés par l’Ainsi-Venu Shakyamuni durant sa vie. C’est pourquoi le Grand Maître Miaole dit : « Si, en propageant le Sūtra du Lotus, on explique ne serait-ce qu’une seule de ses doctrines, il faut alors prendre en considération tous les enseignements dispensés par le Bouddha de son vivant et les maîtriser du début à la fin3. »
Par « le début », il désignait le Sūtra de la Guirlande de fleurs et par « la fin », le Sūtra du Nirvana. Le Sūtra de la Guirlande de fleurs fut enseigné juste au moment où le Bouddha atteignit l’illumination, quand les grands bodhisattvas Sagesse-du-Dharma, Forêt-de-Mérites et d’autres encore, en réponse à la demande d’un bodhisattva appelé Lune-de-la-Délivrance, enseignèrent en présence du Bouddha. Je ne sais sous quelle forme ce sūtra existe en Inde, peut-être dans le palais du roi-dragon4 ou dans le ciel Tushita, mais il a été apporté au Japon dans une version en soixante volumes, une autre en quatre-vingts volumes et une autre encore en quarante volumes5. En ce qui concerne le dernier des enseignements, le Sūtra du Nirvana, je ne sais pas non plus sous quelle forme il existe en Inde ou dans le palais du roi-dragon, mais, dans notre pays, il y en a une version en quarante volumes, une autre en trente-six volumes, une encore en six volumes et une autre enfin en deux volumes6.
En plus de ces sūtras, il y a les sūtras Agama, les sūtras Vaipulya, et les sūtras de la Sagesse qui comportent cinq ou sept mille volumes. Mais, même si nous ne voyons et n’entendons aucun de ces sūtras, si nous lisons ne serait-ce qu’un seul mot ou une seule phrase du Sūtra du Lotus, c’est exactement comme si nous lisions chaque mot de tous ces sūtras.
C’est comme les deux caractères [chinois] qui composent les mots « Gasshi [Inde]7 », ou le mot « Nippon [Japon] ». Les deux caractères qui composent le mot « Inde » recouvrent les cinq régions du pays, les seize grands royaumes, les cinq cents autres moyens, les dix mille petits, et les innombrables plus infimes encore, pareils à des graines de millet éparpillées, avec leurs vastes terres, leurs hautes montagnes, leurs plantes et leurs arbres, leur population humaine et leurs animaux. Cela est aussi comparable à un miroir qui ne mesure qu’un, deux, trois, quatre ou cinq pouces, mais qui peut refléter l’image d’un être humain, que celui-ci mesure un ou cinq pieds, ou encore celle d’une montagne, qu’elle soit haute de cent ou mille pieds.
Quand nous lisons le passage du Stūtra du Lotus précédemment cité, nous voyons donc que tous les gens qui entendent le Sūtra, sans la moindre exception, atteindront la bouddhéité.
Tous les êtres vivants dans les neuf états et les six voies se distinguent les uns des autres par leur esprit. Même si deux, trois, cent ou mille personnes ont des visages d’une taille à peu près similaire mesurant dix pouces, il n’y en aura pas deux exactement identiques. Les esprits sont différents et il en est de même des visages. La différence entre l’esprit de deux, voire de dix personnes, et plus encore, de tous les êtres vivants dans les six voies et les neuf états est donc encore plus grande ! Ainsi, certains aiment les fleurs de cerisiers et d’autres préfèrent la lune, certains préfèrent ce qui est acide et d’autres ce qui est amer, certains aiment ce qui est petit et d’autres privilégient ce qui est grand. Les êtres humains ont des goûts variés. Certains préfèrent le bien, d’autres le mal. Il existe toutes sortes de gens.
Mais, même s’ils diffèrent ainsi les uns des autres, dès lors qu’ils pénètrent dans le Sūtra du Lotus, les êtres humains deviennent tous un par le corps et un par 1053l’esprit. C’est exactement comme les innombrables rivières qui, lorsqu’elles se jettent dans l’océan, prennent toutes une saveur uniformément salée malgré leur diversité, ou comme les oiseaux de toutes sortes qui, lorsqu’ils s’approchent du mont Sumeru, revêtent tous la même teinte [dorée]. De la même façon, Devadatta, qui avait commis trois transgressions capitales, et Rahula, qui observait intégralement les deux cent cinquante préceptes, devinrent tous deux bouddhas. Et le roi Merveilleux-Ornement, qui prônait des positions erronées, et Shariputra, qui défendait des positions correctes, obtinrent également la prophétie qu’ils atteindraient la bouddhéité. En effet, comme il est dit dans le passage cité précédemment : « Aucun ne manquera d’atteindre la bouddhéité. »
Dans le Sūtra d’Amida et dans les autres sūtras exposés par le Bouddha durant les quelque quarante premières années de son enseignement, on dit que Shariputra acquit un grand mérite en récitant le nom du bouddha Amida un million de fois en l’espace de sept jours8. Mais, puisque ces sūtras furent désavoués parce qu’ils furent enseignés dans la période où le Bouddha « n’avait pas encore révélé la vérité [tout entière]9 », une telle récitation est en fait aussi inutile que si l’on faisait bouillir de l’eau pendant sept jours avant de la jeter dans l’océan.
En lisant le Sūtra de la méditation, la reine Vaidehi10 atteignit l’étape connue sous le nom d’éveil à la non-naissance et à la non-extinction de tous les phénomènes. Mais, puisque le Bouddha rejeta ce sūtra en déclarant que désormais « il renoncerait très clairement à se servir des moyens opportuns11 », si elle ne parvient pas à croire dans le Sūtra du Lotus, la reine Vaidehi devra retrouver son ancien statut de femme ignorante.
On ne peut pas s’appuyer sur des actes qui créent des racines de bien. Si l’on ne rencontre pas le Sūtra du Lotus, à quoi servent ces actes qui créent des racines de bien ? On ne devrait pas non plus regretter d’avoir commis des actes qui créent des racines de mal. Car il suffit de pratiquer le Véhicule Unique et l’on suit alors les pas de Devadatta [pour atteindre la bouddhéité]. Tout cela vient du fait que la phrase du Sūtra « aucun ne manquera d’atteindre la bouddhéité » n’a pas été prononcée en vain.
Certains se demandent peut-être où se trouve en ce moment l’esprit du regretté Abutsu-bō. Mais en cherchant le reflet de son image dans le clair miroir du Sūtra du Lotus, moi, Nichiren, je le vois dans l’assemblée du pic de l’Aigle, assis dans la Tour aux Trésors du bouddha Maints-Trésors, tourné vers l’est12.
Si ce que je dis n’est pas exact, alors ce n’est pas moi qui ai commis l’erreur. C’est plutôt la langue de l’Ainsi-Venu Shakyamuni qui a dit « L’Honoré du monde [qui depuis longtemps déjà expose des doctrines adaptées à ses auditeurs] doit maintenant révéler la vérité [tout entière]13 », et celle du bouddha Maints-Trésors qui a déclaré « Le Sūtra du Lotus de la Loi merveilleuse (...) tout ce que tu viens d’exposer est la pure vérité14 ! » Les langues aussi de tous les divers bouddhas, des Ainsi-Venus, dans les quatre cent dix mille millions de nayuta de terres15, aussi nombreux que les plants de chanvre ou de riz, que les étoiles ou les tiges de bambou, alignés sans le moindre écart, toutes ces longues et larges langues qui, sans aucune exception, s’élevèrent jusqu’au palais du grand roi céleste Brahma ; toutes ces langues, dis-je, pourriront instantanément, telle une baleine morte qui se décompose ou un amas de sardines en putréfaction. Tous les bouddhas, les Ainsi-Venus, dans les mondes des dix directions, seront alors coupables d’avoir commis la faute consistant à proférer de grands mensonges ; le sol de la Terre pure de la lumière paisible, composé d’or et d’émeraude, se fend soudain et tous ces bouddhas, à l’instar de Devadatta, seront directement 1054précipités dans la grande citadelle de l’Enfer aux souffrances incessantes. Ou, comme dans le cas de la nonne Parfum-du-Lotus-du-Dharma16, des flammes brûlantes jailliront de leur corps en raison des grands mensonges qu’ils ont prononcés, et le jardin fleuri du monde du Trésor du Lotus, Terre de la rétribution réelle, sera en un instant réduit en cendres. Mais comment de telles choses pourraient-elles se produire ?
Si seul le défunt Abutsu-bō n’était pas admis dans la Terre pure de la lumière paisible, alors tous ces bouddhas tomberaient dans un monde de grande souffrance. En laissant de côté toute autre considération, vous devriez juger la situation sous cet angle. Vous pourrez alors déterminer si les paroles du Bouddha sont véridiques ou mensongères.
L’homme est comparable à un pilier et la femme à une poutre ; l’homme aux jambes d’un être humain et la femme à son tronc ; l’homme aux ailes d’un oiseau, la femme à son corps. Si les ailes se séparent du corps, comment les oiseaux voleront-ils ? Et, si le pilier s’effondre, il est certain que la poutre tombera aussi au sol.
Un foyer sans homme est comme une personne sans âme. Avec qui pouvez-vous alors vous ouvrir de ce qui vous préoccupe et, même si vous avez de bonnes choses à manger, avec qui pouvez-vous les partager ? Le seul fait d’être séparée de votre mari un jour ou deux est cause de mal-être. Or, vous avez été séparée de votre époux le vingt et unième jour du troisième mois de l’année dernière et le reste de l’année est passé sans qu’il ne revienne. Nous voilà déjà au septième mois de cette année. Même s’il ne revient pas en personne, pourquoi ne vous envoie-t-il pas de ses nouvelles ?
Les fleurs de cerisiers, une fois dispersées, s’épanouissent de nouveau et les fruits, une fois tombés, se reforment sur les arbres. La brise souffle toujours au printemps et les paysages d’automne ne diffèrent en rien de ce qu’ils étaient l’année précédente. Comment se fait-il que dans ce seul domaine les choses soient si différentes de ce qu’elles étaient, qu’elles ne reviennent plus jamais comme avant ?
La lune se couche, puis se lève de nouveau ; les nuages se dissipent pour se reformer de nouveau. Même le ciel doit avoir des remords et la terre regretter le départ de cet homme qui ne reviendra jamais. Vous devez vous aussi éprouver le même sentiment. Faites du Sūtra du Lotus votre nourriture pendant ce voyage et, vite, partez le retrouver dans la Terre pure du pic de l’Aigle !
Il est dit, dans un sūtra, que les enfants sont nos ennemis. « Les gens en ce monde commettent de nombreuses fautes à cause de leurs enfants17 », y lit-on. Bien que les oiseaux qu’on appelle aigles huppés et les éperviers élèvent leurs petits avec compassion, ces derniers se retournent contre leurs parents et les mangent. Et l’oiseau appelé hibou, après avoir été couvé, dévore toujours sa mère. Voilà ce qui se produit parmi les bêtes.
Chez les êtres humains aussi, le roi Virudhaka usurpa le trône de son père qu’il haïssait, et le roi Ajatashatru assassina le sien. An Lushan tua sa mère nourricière et fut tué par son fils, An Qingxu. An Qingxu fut tué par Shi Siming [qui était comme un fils pour lui] et Shi Siming fut à son tour tué par son propre fils, Shi Chaoyi18. Il y a donc de bonnes raisons de considérer les enfants comme des ennemis. Le moine Sunakshatra était un fils du bouddha Shakyamuni, seigneur des enseignements. Mais il conspira avec un ascète des enseignements non bouddhiques nommé Péniblement-Acquis, et tenta à maintes reprises de tuer son père, le Bouddha.
On lit aussi dans un sūtra que les enfants sont comme un trésor. Il est dit : « Grâce aux bienfaits que leurs fils et leurs filles accumulent par leur pratique religieuse, une grande lumière éclatante apparaît, illuminant le monde de l’enfer, et les parents 1055souffrant en enfer peuvent ainsi éveiller leur foi19. » Mais, même si le Bouddha n’avait pas enseigné [que les enfants sont comme un trésor], vous pourriez le dire vous-même comme une pure évidence que vous avez observée de vos propres yeux.
En Inde vivait autrefois un grand souverain qui régnait sur un pays qui portait le nom de royaume des Parthes20. Ce roi avait une passion démesurée pour les chevaux et pour leur élevage. Avec le temps, il devint si expert en la matière qu’il put non seulement changer un cheval sans valeur en cheval hors pair, mais aussi transformer un bœuf en cheval. Finalement, il parvint même à changer les êtres humains en chevaux et à les prendre pour monture. Les gens de son propre royaume en furent si horrifiés qu’il résolut de ne plus changer en chevaux que les gens d’autres pays. Ainsi, quand un marchand itinérant venu de l’étranger se présenta dans son royaume, il lui donna à boire une potion, le transforma en cheval et l’attacha dans les écuries royales.
Déjà en temps normal, le marchand avait la nostalgie de son pays natal et pensait avec une affection toute particulière à son épouse et à son enfant. Ce sort lui était donc insupportable. Mais, puisque le roi ne l’autorisait pas à partir, il ne pouvait rentrer chez lui. Et d’ailleurs, même s’il l’avait pu, qu’aurait-il fait sous sa forme présente ? Il n’avait pas d’autre choix que de se lamenter sur son destin matin et soir.
Cet homme avait un fils qui, ne voyant pas son père revenir le jour prévu, se demanda s’il n’avait pas été tué ou, encore, s’il n’était pas tombé malade. Estimant qu’il était de son devoir, en tant que fils, de découvrir ce qu’il était advenu de son père, il se mit en route dans ce but. Sa mère éclata en sanglots, protestant que son mari était déjà parti dans un autre pays et n’était pas revenu et que, si son fils unique l’abandonnait aussi, elle se demandait bien comment elle survivrait. Mais le fils s’inquiétait tant pour son père qu’il partit néanmoins le chercher dans ce royaume des Parthes.
À son arrivée, il s’installa pour la nuit dans un petit logis. Son hôte lui dit : « Comme c’est triste ! Vous êtes encore si jeune et je vois à votre visage et à votre maintien que vous êtes une personne distinguée. J’avais autrefois un fils mais il est parti dans un autre pays et peut-être y est-il mort. En tout cas, je ne sais ce qu’il est devenu. En pensant au destin de mon propre fils, c’est à peine si j’ose vous regarder.
« Je dis cela parce que, dans ce pays qui est le nôtre, nous avons une cause de grand désarroi. Notre roi nourrit une passion si démesurée pour les chevaux qu’il a même osé se servir d’une plante bien étrange. S’il fait manger les petites feuilles de cette plante à quelqu’un, cette personne se change en cheval. Et, s’il en donne les grandes feuilles à un cheval, c’est le cheval qui se change [à son tour] en être humain. Récemment, un marchand venu de l’étranger s’est présenté ici. Le roi lui fit manger un peu de cette plante, le changeant ainsi en cheval, et il le maintient secrètement enfermé dans la première des écuries royales. »
En entendant cela, le fils pensa que son père avait dû être transformé en cheval et il demanda : « De quelle couleur est la robe de ce cheval ? »
L’hôte répondit : « Il est de couleur noisette avec une tache blanche sur le flanc. »
Après avoir appris tous ces renseignements, le fils décida de s’approcher du palais royal, où il déroba quelques grandes feuilles de l’étrange plante. Quand il en nourrit le cheval qu’était devenu son père, ce dernier retrouva sa forme humaine.
Émerveillé par ce qui venait de se produire, le roi du pays remit le père à son fils qui s’était révélé un modèle de piété filiale. Après quoi il ne changea plus jamais les êtres humains en chevaux.
Qui d’autre qu’un fils serait allé aussi loin pour rechercher son père ? Le 1056vénérable Maudgalyayana sauva sa mère des souffrances du monde des esprits affamés, et les deux frères Pure-Resserre et Pure-Vision persuadèrent leur père d’abandonner ses vues erronées. C’est pourquoi on dit qu’un bon enfant est un trésor pour un parent.
Venons-en au défunt Abutsu-bō. C’était l’habitant d’une île sauvage située au loin, dans la mer du nord du Japon. Il s’inquiétait cependant pour son existence future, et c’est pourquoi il s’engagea dans la vie religieuse en prononçant les vœux et aspira au bonheur dans la vie prochaine. Quand il rencontra Nichiren en exil, il adopta le Sūtra du Lotus et, lors du printemps de l’année dernière, il devint bouddha. Quand le renard du mont Shida rencontra l’enseignement du Bouddha, il éprouva de l’insatisfaction à l’égard de la vie, aspira à mourir et renaquit sous la forme du dieu Shakra21.
De la même façon, le vénérable Abutsu-bō se lassa de son existence en ce monde impur et devint donc un bouddha.
Son fils, Tōkurō Moritsuna, suivit ses pas et devint un fervent pratiquant du Sūtra du Lotus. L’an dernier, le deuxième jour du septième mois, il se présenta ici au mont Minobu, à Hakii, dans la province de Kai, après avoir effectué un voyage de mille ri22 par-de-là les montagnes et les mers. Les cendres de son père étaient accrochées à son cou, et il les déposa dans le lieu dédié à la pratique du Sūtra du Lotus. Et cette année, le premier jour du septième mois, il revint au mont Minobu pour s’incliner devant la tombe de son père. Il est certain qu’il n’y a pas de plus grand trésor qu’un enfant, vraiment pas de plus grand trésor qu’un enfant ! Nam-myōhō-renge-kyō, Nam-myōhō-renge-kyō.
Nichiren
Le deuxième jour du septième mois
Réponse à l’épouse du défunt Abutsu-bō
Post-scriptum23
Je vous envoie un kesa24 en soie teinte. Veuillez en informer Bungo-bō25. Les enseignements du Sūtra du Lotus se répandent déjà partout au Japon. Bungo-bō devrait entreprendre de les propager dans la région de Hokuriku26, mais il ne peut le faire s’il n’approfondit pas ses connaissances. Dites-lui de se hâter et de venir d’ici le quinzième jour du neuvième mois. Veuillez m’envoyer les divers enseignements dès que possible par l’intermédiaire de Tamba-bō27, comme vous l’avez fait pour les registres journaliers. Et comme je vous l’ai demandé précédemment, dites à Yamabushi-bō28 de venir me retrouver ici. Je suis heureux d’apprendre que vous l’avez traité avec tant de bonté.
Notes
1. Nous ne savons pas exactement quelles nouvelles Nichiren avait reçues de l’épouse du moine séculier de Kō, mais il semble qu’elle avait souffert et Nichiren souhaitait la réconforter. Kō désigne un bureau de province et également le lieu où il se trouve. Le moine séculier de Kō devait son nom au fait qu’il vivait dans la capitale de la province de Sado.
2. Sūtra du Lotus, chap. 2. Dans la version chinoise, ce passage est composé de dix caractères.
3. Annotations sur le Sens profond du Sūtra du Lotus.
4. Palais légendaire situé sous la mer, rempli de grands trésors et de magnifiques ornements. On dit que c’est en ce lieu que le Sūtra de la Guirlande de fleurs fut remis à Nagarjuna.
5. Il existe trois versions chinoises du Sūtra de la Guirlande de fleurs, traduites respectivement par Buddhabhadra de la dynastie des Qin orientaux, par Shikshananda, de la dynastie des Tang, et par Prajna de la même dynastie.
6. Il s’agit de quatre versions chinoises du Sūtra du Nirvana (du Mahayana) : traduit respectivement par Dharmaraksha, de la dynastie des Liang du Nord ; par Huiguan, Huiyan et Xie Ling Yun de la dynastie des Liu Song ; par Faxien et Buddhabhadra, de la dynastie des Qin orientaux ; et par Jnanabhadra et Huining, de la dynastie des Tang.
1057 7. Nichiren emploie le mot « Gasshi » (ou en chinois Yuezhi) pour désigner l’« Inde », appellation utilisée en Chine et au Japon à cette époque. Dans la dernière partie du IIIe siècle avant notre ère, une tribu d’Asie centrale appelée la tribu Yuezhi régnait sur une partie de l’Inde. Comme les enseignements bouddhiques furent apportés en Chine depuis ce territoire, son nom finit par être appliqué à l’ensemble de l’Inde.
8. Dans le Sūtra d’Amida, le bouddha Shakyamuni, s’adressant à Shariputra en tant que représentant de l’assemblée, enseigna que l’on peut obtenir le bienfait de renaître dans la Terre pure en méditant résolument sur le nom du bouddha Amida pendant sept jours. Selon le Traité sur la Terre pure, écrit par Vasubandhu, cela revient à réciter le nom du bouddha Amida un million de fois en sept jours.
9. Sūtra aux sens infinis.
10. Vaidehi était l’épouse du roi Bimbisara du Magadha et la mère d’Ajatashatru. Selon le Sūtra de la méditation sur le bouddha Vie-Infinie, quand Ajatashatru tua son père et enferma Vaidehi à l’intérieur du palais, la reine se tourna en direction du pic de l’Aigle où Shakyamuni enseignait et le pria. Plein de compassion, il apparut dans sa chambre et lui enseigna comment atteindre la Terre pure du bouddha Amida.
11. Sūtra du Lotus, chap. 2.
12. Selon les coutumes de l’Inde ancienne, les rois et les hauts dignitaires étaient assis face à l’est. On peut donc en déduire que, lorsque le bouddha Shakyamuni se mit à enseigner le Sūtra du Lotus au pic de l’Aigle, il s’assit, tourné vers l’est, alors que ses disciples, en face de lui, étaient tournés vers l’ouest. Par la suite, la Tour aux Trésors émergea de la terre, tournée vers l’ouest devant Shakyamuni et elle s’éleva dans les airs. Shakyamuni s’assit alors à côté du bouddha Maints-Trésors, présent à l’intérieur de la tour. Shakyamuni se retrouva donc tourné vers l’ouest, lors de la Cérémonie dans les Airs, alors que le reste de l’assemblée était tourné vers l’est. Par conséquent, « Tourné vers l’est » dans le texte signifie qu’Abutsu-bō est assis dans la Tour aux Trésors, face aux bouddhas Shakyamuni et Maints-Trésors.
13. Sūtra du Lotus, chap. 2.
14. Ibid., chap. 11.
15. Selon le Commentaire textuel du Sūtra du Lotus de Tiantai, les émanations de Shakyamuni se rassemblèrent dans les quatre cent dix mille millions de nayuta de terres qu’il avait purifiées afin de répondre à leurs besoins.
16. Selon le Shuramgama-sūtra, des flammes brûlantes émanèrent de toutes parts du corps de la nonne Parfum-du-Lotus-du-Dharma parce qu’elle avait commis la faute de proférer de grands mensonges et elle tomba dans l’Enfer aux grandes souffrances incessantes.
17. Sūtra de la contemplation sur les étapes de l’esprit.
18. An Lushan (705-757) était un gouverneur de région sous la dynastie des Tang. Il s’empara du pouvoir à la Cour grâce à la protection de la favorite de Xuanzong, Yang Guifei, qui l’adopta officiellement comme son fils. Par la suite, il s’opposa au frère de Yang Guifei pour s’emparer du pouvoir central et dirigea une rébellion en 755, afin de prendre la capitale. L’empereur en fuite, Xuanzong, fut contraint par ses soldats mécontents d’ordonner l’exécution de Yang Guifei et du frère de Yang Guifei, sur qui l’on fit porter le blâme après cette catastrophe. An Lushan fut finalement tué par son propre fils, An Qingxu, au cours d’une querelle de succession au sein de la famille impériale. Shi Siming fut l’un des instigateurs de la rébellion d’An Lushan et, après avoir tué An Qingxu, il fut à son tour tué par son propre fils, Shi Chaoyi.
19. Sūtra de la contemplation sur les étapes de l’esprit. Nichiren modifie légèrement le texte original.
20. L’Empire parthe était un royaume de l’Antiquité qui s’étendait du nord-ouest de l’Inde à la Perse. Fondé en 248 avant notre ère, il s’effondra en 226 de notre ère. L’histoire du roi qui changeait les êtres humains en chevaux apparaît dans le Recueil de trésors, écrit par Taira no Yasuyori durant l’ère Jishō (1177-1181).
21. Cette histoire est présentée dans les Annotations sur La Grande Concentration et Pénétration. Poursuivi par un lion, un renard tomba accidentellement dans un puits asséché où il demeura pendant trois jours. Il allait mourir de faim lorsqu’il prit la décision de se consacrer à la Loi bouddhique et récita un verset exprimant son désir d’expier ses fautes passées. Quand la voix du renard atteignit le dieu Shakra au sommet du mont Sumeru, Shakra vint à son secours et lui demanda de lui enseigner la Loi, ainsi qu’aux autres dieux célestes.
22. « Mille ri » ne correspond pas ici à un nombre exact mais signifie simplement une grande distance.
23. Dans le manuscrit original, probablement par manque de place, Nichiren inséra ce post-scriptum au début de la lettre. Dans le cadre de cette traduction, nous l’avons placé à la fin, conformément à une version japonaise plus récente.
1058 24. Il s’agit d’une sorte de surplis que les moines portent sur leur habit.
25. Bungo-bō était un disciple de Nichiren qui semble avoir instruit Abutsu-bō et d’autres disciples de la province de Sado.
26. Région comportant Sado et les six provinces de la plus grande île du Japon (Honshū), situées au bord de la mer du Japon.
27. Tamba-bō était un disciple de Nichiren. On dit qu’il fut présent à la cérémonie de funérailles de Nichiren et qu’il fut de ceux qui veillèrent à tour de rôle sur sa tombe. Il vécut au Myōkō-ji, dans la province de Kazusa.
28. Yamabushi-bō était l’un des disciples de Nichiren sur l’île de Sado. Il était probablement sous la protection d’Abutsu-bō.