Soka Gakkai Bibliothèque du bouddhisme de Nichiren

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La preuve du Sūtra du Lotus
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ÉCRITS: 165 La preuve du Sūtra du Lotus

( pp.1114 - 1116 )

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 1. Cela est mentionné dans le chapitre “Le maître de la Loi” du Sūtra du Lotus.

 2. Ibid., chap. 11.

 3. Annotations sur le Commentaire textuel du Sūtra du Lotus, de Miaole.

 4. Nichiren dit cela parce que la tâche d’un guerrier consiste à tuer.

 5. Le mot utilisé à l’origine pour désigner les mauvais esprits est « gedō », ce qui signifie littéralement « en dehors de la Voie » et il est généralement appliqué aux non-croyants et aux non-bouddhistes. Le mot désigne ici quelque chose ou quelqu’un qui provoque des désastres. D’où l’expression « mauvais esprits ».

 6. C’est là une référence au chapitre “Dharani” du Sūtra du Lotus.

 7. Hōki-bō est un autre nom de Nikkō, considéré par beaucoup comme le plus proche disciple de Nichiren.

1114165

La preuve du Sūtra du Lotus


Nichiren, le pratiquant du Sūtra du Lotus


Texte

Points de repère


Cette lettre a été envoyée du mont Minobu à l’attention de Nanjō Shichirō Jirō, plus connu sous le nom de Nanjō Tokimitsu, lors du deuxième mois de 1282, alors que Nichiren lui-même était gravement malade.

Dans son adolescence, Nanjō Tokimitsu avait dû reprendre, au décès de son père, la charge d’intendant du district d’Ueno, domaine qui couvrait une vaste superficie sur une pente du mont Fuji. Plus particulièrement durant la persécution d’Atsuhara, Nanjō Tokimitsu s’était engagé à protéger et à défendre les disciples de Nichiren qui vivaient sur ses domaines et il dût subir des représailles des autorités. Nichiren avait rendu hommage à son courage en le surnommant « Ueno le vertueux » dans une lettre intitulée La Porte du Dragon, écrite le sixième jour du onzième mois de 1279.

En entendant parler pour la première fois de la grave maladie de Nanjō Tokimitsu, Nichiren avait apparemment demandé à un disciple d’écrire une lettre d’encouragement de sa part puisque lui-même était trop malade pour le faire. Mais, comme il s’inquiétait profondément pour son jeune disciple, il s’obligea à saisir son pinceau de calligraphie et envoya cette lettre par l’intermédiaire de Nikkō pour aider Nanjō Tokimitsu à surmonter son mal.

Nichiren déclare que, selon le Sūtra du Lotus, Nanjō Tokimitsu a adressé des offrandes à cent mille millions de bouddhas dans ses existences passées. Il met alors sévèrement en garde les divinités-démons qui ont provoqué sa maladie en proclamant que, si elles ne guérissaient pas Nanjō Tokimitsu, elles souffriraient dans le grand enfer Avīci.

On appelle généralement cette lettre La preuve du Sūtra du Lotus parce qu’elle souligne que tous les bouddhas ont témoigné de la justesse du Sūtra du Lotus. On la connaît aussi sous le nom de Prière pour revenir à la vie en surmontant une maladie mortelle parce que Nanjō Tokimitsu luttait alors contre une maladie grave.

Haut de la page


Quelle image le miroir du Sūtra du Lotus renvoie-t-il de ceux qui, à l’époque mauvaise de la Fin de la Loi, croient dans les enseignements du Sūtra du Lotus tels que ce Sūtra les expose ? Le bouddha Shakyamuni nous a transmis des paroles d’or révélant que de telles personnes avaient déjà adressé des offrandes à cent mille millions de bouddhas dans leurs existences passées1. Mais les hommes du commun de notre époque de la Fin de la Loi pourraient douter des paroles prononcées par un seul bouddha. Avec cette pensée à l’esprit, le bouddha Maints-Trésors vint tout exprès du monde Pureté-du-Trésor, situé à de nombreuses terres de là, dans la direction de l’est. Face 1115au bouddha Shakyamuni, il témoigna en faveur du Sūtra du Lotus en ces termes : « Tout ce que tu viens d’exposer est la pure vérité2 ! » Il ne peut donc y avoir aucune place pour le doute en la matière. Néanmoins, le bouddha Shakyamuni a peut-être senti que les hommes du commun de notre époque de la Fin de la Loi seraient encore sceptiques. C’est pourquoi il convoqua les bouddhas des dix directions pour qu’ils viennent se joindre à lui dans l’acte magnifique de tirer leurs longues et larges langues jusqu’à ce qu’elles s’élèvent dans le ciel jusqu’à la hauteur du mont Sumeru, elles qui n’avaient jamais rien dit d’autre que la vérité depuis d’innombrables kalpa.

Par conséquent, quand les hommes du commun à l’époque de la Fin de la Loi croient ne serait-ce qu’en un ou deux mots du Sūtra du Lotus, ils gardent l’enseignement reconnu par les bouddhas des dix directions. Je me demande quel karma nous avons créé par le passé pour naître sous la forme de telles personnes, et je suis comblé de joie. Les paroles de Shakyamuni que j’ai citées plus haut indiquent que les bienfaits provenant d’offrandes adressées à cent mille millions de bouddhas sont si grands que, même si l’on a cru précédemment à d’autres enseignements que le Sūtra du Lotus et que, en raison de cette calomnie, l’on naît pauvre et de basse condition, on peut encore croire dans ce Sūtra en cette vie. Il est dit dans un commentaire [de l’école] Tiantai : « C’est comme une personne qui tombe à terre et se relève, en prenant appui sur le sol3. » Celui qui tombe au sol se redresse et prend appui sur le sol pour se relever. Ceux qui calomnient le Sūtra du Lotus tomberont sur le sol des trois voies mauvaises ou sur celui du monde humain et du monde céleste mais, en définitive, grâce à l’aide du Sūtra du Lotus, ils atteindront la bouddhéité.

Or, puisque vous, Ueno Shichirō Jirō, êtes un homme du commun de l’époque de la Fin de la Loi et que vous êtes né dans une famille de guerriers, vous devriez en toute logique être qualifié d’homme mauvais4 et pourtant votre cœur est celui d’un homme bon. J’ai une bonne raison de parler ainsi. Tous, du souverain aux gens ordinaires, refusent de croire en mes enseignements. Ils s’en prennent aux rares personnes qui les adoptent, en les taxant lourdement ou en confisquant leurs domaines et leurs champs, voire dans certains cas, ils attentent à leur vie. Il est donc dificile de croire en mes enseignements et, pourtant, votre mère et votre défunt père ont tous deux eu le courage de les accepter. Vous avez désormais succédé à votre père en votre qualité d’héritier et, sans subir de pression de qui que ce soit, vous avez également adopté de tout cœur ces enseignements. De nombreuses personnes, de haute comme de basse condition, vous ont réprimandé ou menacé, mais vous avez refusé de renoncer à votre foi. Puisqu’il semble maintenant certain que vous atteindrez la bouddhéité, il est possible que le démon céleste et les mauvais esprits5 se servent de la maladie pour tenter de vous intimider. La vie en ce monde est limitée. Ne vous laissez en aucun cas effrayer !

Et vous, divinités-démons, qui faites souffrir cet homme, voulez-vous, pour commencer, avaler un sabre par la pointe, préférez-vous subir la fureur des flammes ou devenir l’ennemi juré des bouddhas des dix directions dans les trois phases de l’existence [le passé, le présent et l’avenir] ? Ce sera vraiment terrible pour vous ! Ne feriez-vous pas mieux de guérir sur-le-champ la maladie de cet homme, d’agir plutôt comme des protectrices à son égard, et d’échapper aux pénibles souffrances qui sont le lot des divinités-démons ? Sinon, n’aurez-vous pas la tête brisée en sept morceaux en cette vie6 et ne tomberez-vous pas dans l’Enfer aux grandes souffrances incessantes dans votre prochaine vie ? Réfléchissez-y. Réfléchissez-y 1116longuement. Si vous ne tenez pas compte de mes paroles, vous le regretterez certainement par la suite.


Le vingt-huitième jour du deuxième mois de la cinquième année de Kōan [1282]


Remis par Hōki-bō7

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Notes


 1. Cela est mentionné dans le chapitre “Le maître de la Loi” du Sūtra du Lotus.

 2. Ibid., chap. 11.

 3. Annotations sur le Commentaire textuel du Sūtra du Lotus, de Miaole.

 4. Nichiren dit cela parce que la tâche d’un guerrier consiste à tuer.

 5. Le mot utilisé à l’origine pour désigner les mauvais esprits est « gedō », ce qui signifie littéralement « en dehors de la Voie » et il est généralement appliqué aux non-croyants et aux non-bouddhistes. Le mot désigne ici quelque chose ou quelqu’un qui provoque des désastres. D’où l’expression « mauvais esprits ».

 6. C’est là une référence au chapitre “Dharani” du Sūtra du Lotus.

 7. Hōki-bō est un autre nom de Nikkō, considéré par beaucoup comme le plus proche disciple de Nichiren.

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